Émergence primordiale
De prime abord je pensais qu'il s'agissait d'une autre pierre, celle que j'avais vue était plate et surtout moins haute.
Le 20 avril 2003 (dimanche de Pâques), une amie du village m'avait laissé quatre tableaux pour exposition dans mon restaurant, dont un avec des champs de fleurs et en arrière plan un cube noir qui immédiatement m'avait fait penser à la Mecque. Tellement ridicule je n'avais jamais osé en parler à quiconque, et surtout pas à elle, fervente catholique. C’est sans doute ce qui m’a amené quelques années plus tard, sans en avoir encore conscience, à écrire « pas de circumambulation ».
C’est aussi un rêve, lucide et en couleur, la nuit du mardi 26 au mercredi 27 août 2003. Je restaure une vieille bâtisse, avec mon épouse, un ami entrepreneur et son chef de chantier. Une cigarette mal éteinte et le feu se déclare, mon épouse part d’un côté avec le chef de chantier, moi de l’autre avec l’entrepreneur. Après avoir franchi une énorme porte je suis enveloppé par un épais brouillard qui rapidement se dissipe. Je suis maintenant sur un marché cosmopolite que je situe du côté de Nice, à 300 km de mon domicile. Il fait nuit, derrière moi des gens crient « au feu », devant moi les étoiles disparaissent les unes après les autres, le noir complet. 5 heures du matin je me réveille en sursaut. De la fenêtre de ma chambre, au premier étage, j'aperçois les lumières du village, elles m’apparaissent énormes. Je décide de réveiller mon cuisinier, chambre au rez-de-chaussée. Il ne voit rien, quand soudain quelques éclairs de chaleur dans les Alpes et en vallée du Rhône. « Va te recoucher Marco, si je vois des petits hommes verts je te réveille ! ». La veille la radio annonçait que Mars allait être au plus près de la terre, cela avait dû me travailler, le matin nous en rions avec quelques clients.
Mon épouse m’avait quitté en avril 2003, après 30 ans de mariage, nul besoin de faire appel à un spécialiste des rêves pour comprendre. Lumière blanche, symbole de transformation, annonciatrice d'un changement profond, évident puisque je devrai m'habituer à vivre seul désormais. Les étoiles qui disparaissent symbolisaient aussi une perte, un changement inévitable, la fin d'un cycle qui laisserait place à un nouveau.
4 jours plus tard, le dimanche 31 août 2003, peu après 20 H un ami me téléphone de Marseille, il avait quitté mon camping dans l’après-midi. Il me demande si j’ai regardé les actualités régionales. Pas le temps en haute saison d’activité, je dois assurer mon service au restaurant. Le feu sur la Côte d’Azur ! Je lui fais remarquer que cela n’a rien d’exceptionnel un jour de Mistral. " Oui, mais il a pris là où habite Jacqueline ! " mon épouse. J’essaye de la joindre par téléphone, en vain. Elle me rappellera le lundi matin, par chance elle n’était pas rentrée chez elle. J'apprends alors que dans l'attente d'un appartement elle logeait motel Santa Maria, 117 chemin vallon des Vaux à Cagnes-sur-Mer. L’entrepreneur demeurait 3330 chemin vallon des Vaux, cul de sac. Avec son épouse (gravement malade elle décédera en décembre) il était parvenu à s’enfuir par un chemin forestier qu’il signalera aux pompiers, lesquels ne le connaissaient pas et seraient restés prisonniers des flammes.
Le plus grave incendie que la Côte d'Azur ait connu, 592 pompiers engagés - 150 largages d’hélicoptères et 20 largages d’avions - 15 blessés dont 6 pompiers hospitalisés. - une quinzaine de maisons ou bâtiments détruits, 2 campings endommagés ainsi que de nombreux véhicules carbonisés. INCENDIE En cette fin d'août 2003, nos pompiers viennent de terminer l'extinction du feu le plus long de leur histoire sur le secteur de Lucéram.
En avril mon épouse ne m'avait pas laissé d'adresse, « sur la Côte » s'était-elle contentée de me dire. Sans doute quelques détails stockés implicitement dans ma mémoire sans accès à la conscience proprement dite, mais ce qui pourrait aussi signifier, sachant que l’incendie avait été déclaré criminel, que j’avais deviné les intentions de l’auteur, que je le connaissais. Et qui sait, mari jaloux, difficultés dans l'entreprise, j'avais beau avoir un alibi je pouvais avoir agi par procuration. Tout cela à vrai dire avait longtemps dépassé mon entendement.
1) Gros Cailloux la Croix Rousse à Lyon 2) Pierre du Diable à Allinges Haute-Savoie, dont la masse peut être évaluée aux alentours de 550 tonnes, classée Monument historique en 1907 3) La Grosse Pierre à Selonnet Alpes-de-Haute-Provence
Il est invraisemblable que cette Grosse Pierre soit restée totalement inconnue à ce jour, introuvable en dehors de ce blog, inconcevable qu'elle ne soit pas protégée et donc classée. Quel secret pourrait-elle receler ?
* Grosse Pierre près du mas * autres pierres au sommet de la crête de Serrières
En 2012 le propriétaire du domaine m'avait envoyé par mail d'autres photos de pierres que je n'avais pas vues sur place 5 ans plus tôt.
A cette altitude ce ne pouvait pas être un mégalithe, pas plus que Grosse Pierre une construction humaine. Ce qui me conduisait naturellement à Carl Gustav JUNG : tous les inconscients individuels s'enracinent dans un inconscient collectif qui leur est commun ; cet inconscient enferme des types originels de représentations symboliques, qui sont des modèles de comportement. Ce sont ces types, inhérents à la nature humaine, corollaires psychiques des instincts biologiques, que Jung dénomme archétypes. Parce qu'ils sont, dans l'homme, une sorte d'a priori de l'espèce sur le plan mental (comme le sont les instincts sur le plan vital), il n'est pas étonnant qu'on les retrouve chez les individus les plus différents, chez les peuples les plus éloignés, sans influence mutuelle.
De leur côté, les morphologues des religions (Van der Leeuw, Eliade) adoptent la notion d'archétype pour désigner les symboles fondamentaux qui servent de matrice à des séries de représentations. Au sens large, l'archétype est l'image primordiale, l'image mère, celle qui alimente les images « personnelles » et qui les nourrit à partir d'un même fonds « archaïque », qu'exploitent mythologies et religions (source Encyclopédie Universalis).
C'est en 1909 que, sous l'autorité de JUNG, HONNEGER étudie le cas d'Emil SCHWYZER, entré à la clinique zurichoise en 1901, patient qui présente un imaginaire particulier : se prenant pour Dieu il voyait le soleil comme un "membrum erectum" dont le mouvement produit le vent, ce qui paraissait incompréhensible à JUNG, jusqu'en 1910 où il trouve dans deux ouvrages sur le culte de Mithra, d'Albrecht DIETERICH et George MEAD, la vision d'un tuyau pendant du soleil.
Dans Métamorphoses de l'âme et ses symboles, JUNG se dit alors qu'il s'agit d'un trait généralement humain, d'une disposition fonctionnelle à produire des représentations semblables ou analogues, intuition qui mène vers l'hypothèse de l'inconscient collectif.
Sauf que l'archétype (symbole primitif, universel, appartenant à l'inconscient collectif), ne pouvait pas être Mithra, apparu au 2ème siècle avant notre ère.
Un rêve d’enfance qui décidera du parcours de JUNG. "J’y découvris un trou sombre, carré, maçonné dans la terre…. Un trône d’Or se dressait sur l’estrade, dessus un objet se dressait, forme gigantesque qui atteignait presque le plafond. Cet objet était étrangement constitué, fait de peau de chair vivante, il portait à sa partie supérieure une sorte de tête en forme conique, sans visage, sans chevelure. Sur le sommet, un œil immobile, unique, regardait vers le haut."
Sans le savoir JUNG avait ces pierres dans subconscient, ce qu'avait probablement compris Johann Jakob HONNEGER qui le 28 mars 1911 se suicidera par overdose de morphine. Dans les années quatre-vingt, Roger GUASCO, philosophe et scientifique spécialiste de l'Égypte, parlait de 30 000 ans pour décrire le phénomène qui a amené l'homme à un pouvoir physique et de l'Esprit : nous portons en nous ce gène enfoui au plus profond de notre métabolisme. Celui qui le réveille se retrouve complétement sidéré.
La forme allongée et la verticalité de l'obélisque représente un rayon de soleil pétrifié. Certains voient dans cette architecture phallique (en) un symbole de fertilité. Sa verticalité représente aussi l'âme qui s'élève vers le ciel après la mort d'où l'utilisation de ce monument dans l'art funéraire. L'obélisque est un symbole d'illumination et d'éveil spirituel dans la franc-maçonnerie. Il symbolise le voyage de l'âme de l'obscurité à la lumière et représente le voyage de l'âme. Plusieurs loges et temples maçonniques contiennent des obélisques, symboles de la connaissance, du pouvoir et de l'immortalité.
La Bible considère les obélisques, souvent appelés « piliers sacrés » ou matstsebhah, comme des symboles d'idolâtrie païenne, de culte solaire et de rébellion spirituelle que Dieu ordonne de détruire. Ils sont explicitement mentionnés comme des objets à briser dans les temples d'Égypte et interdits en Israël.
Pour Yuval Noah Harari [ « Sapiens, une brève histoire de l'humanité » et « Homo Deus, une brève histoire de l'avenir » ] les humains étaient des animaux insignifiants, avant une révolution cognitive créant les cultures, survenue brutalement il y a 70.000 ans. Pour lui, Homo sapiens diffère des autres animaux par sa faculté de croire en des choses qui n’existent que dans son imagination, création de mythes et fictions multiples sur un sujet donné, mais pour beaucoup d'archéologues, d'anthropologues et paléoanthropologues, l'évolution cognitive a été progressive durant des milliers d'années, entre - 70.000 et – 40.000, spectaculaire à partir de – 40.000. Mais personne à ce jour n'avait pu encore dire quel avait le déclencheur, ce "gène enfoui".
Pourquoi certains mythes très semblables se retrouvent-ils à de grandes distances alors que ceux qui les rencontrent n’ont pas pu se rencontrer et n’ont pas d’ancêtres communs ? Jean-Loïc Le Quellec rappelle que cette question mène à cinq hypothèses : 1 Cette répartition serait due au hasard. 2 Elle résulterait de la résurgence universelle d’un archétype. 3 Elle témoignerait d’une révélation primitive. 4 Elle serait le produit d’influences très récentes. 5 Elle serait imputable à un ancien phénomène de diffusion.
Pour Julien d’Huy [ Cosmogonies : la préhistoire des mythes] les variantes d’un mythe ancestral se construisent au fil du temps, selon une logique généalogique. « Les mythes évolueraient en grande partie de façon arborescente, chaque version d’un récit provenant d’une version antérieure, l’ensemble évoluant suffisamment lentement pour garder un air de famille » Cette approche l’a mené à développer depuis 2012 une approche statistique des mythes. Les arbres phylogénétiques de mythes correspondent ainsi souvent aux migrations réelles des population.
Une récente découverte démontre qu’Homo sapiens était en Drôme Provençale il y a 54 000 ans, grotte Mandrin à Malataverne, à environ 100 km du site de Grosse Pierre. Il faut imaginer son (ses) émotions lorsqu’il découvre le lieu. Encore aujourd’hui, à plus de 1 000 m d’altitude, c’est un endroit où les roches migrent vers la surface du sol. Lorsque la terre gèle, l'eau qu'elle contient gèle également, en se transformant en glace elle prend de l'expansion faisant monter les cailloux situés au-dessus vers la surface du sol. C'est aussi une région fossilifère. De là à accréditer l’idée qu’à l’origine les humains et les animaux vivaient sous terre, dans l'obscurité, mythe de "l'émergence primordiale", de l'origine de l'humanité, le plus répandu et le plus attesté en nombre de variantes.
Il y a 42 000 ans la présence d'Homo sapiens est avérée sur différents sites en Europe : la grotte de Kent (Angleterre), la grotte del Cavallo (Italie). Les datations du site de Ksar Akil démontrent qu'à la même époque, l'homme moderne se trouvait également au Moyen-Orient et au Liban. Mais quelque soit le trajet, il y a eu de nombreux allers-retours. Jusqu’au IVéme siècle, cette cité était mythique, un grand lieu de pèlerinage. Et si tous nous avons ces pierres ancrées dans le subconscient, c'est qu'il n'y avait pas des centaines de milliers d'individus il y a 50 000 ans, que c'est toute une population qui en a été imprégnée avant d'essaimer.
Quoiqu'on fasse, chacun reconstruit le monument à sa manière, mais c'est déjà beaucoup de n'employer que des pierres authentiques Marguerite YOURCENAR. Pas encore de feuille blanche ni de crayon, transmission orale, la mémoire a des failles, et la lumière n'est pas la même en Provence, en Egypte ou en Inde.
Les Romains était un peuple profondément religieux, ils possédaient un ensemble complexe de croyances et d'actes rituels codifiés et organisés. Les premières traces du culte de Mithra à Rome remontent au premier siècle, mais le dieu unique n’est jamais parvenu à s’imposer. Pour la majorité des spécialistes, Mithra est un assemblage d’éléments mythologiques et rituels perses, grecs et surtout romains.
C’est en 313 que l’empereur Constantin, prenant le parti de s’appuyer sur le christianisme publie un édit de tolérance qui rallie les chrétiens. Mais pour imposer Jésus, il fallait faire oublier Mithra, et surtout cette vallée et ses pierres.
C’est Aéria, la Cité des Dieux qu’au premier siècle STRABON situait (précisément) après le Mont Ventoux en venant de Carpentras. Théopolis, la Cité de Dieu découverte par DARDANUS, au grand dam de Saint-Augustin qui lui rendit (secrètement) visite à Sisteron. Pierre Écrite à Saint Geniez, sur la Route du Temps, était un leurre.
Pierre Écrite et Grosse Pierre


















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